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Et tout ce qui se passe dans le monde...

- Par Julien Leroux

Le tourment, le mouvement et la complexité des émotions libérées perceptibles dans cette œuvre s’accompagnent de lumière, de douceur, de perspectives ouvertes.

Maître-mot dans son travail plastique, l’équilibre cher à l'artiste est ici en péril, sans jamais opérer de bascule irrémédiable. Dans un travail constant sur la tension et la compensation des forces, l’artiste crée un bouillonnement chaotique, chatoyant, coloré et bavard. La densité formelle et la variété infinie des nuances, des textures et des matières, inquiètent le regard, stimulent le spectateur dans la contemplation, tout en le séduisant par les contrastes vifs et la pureté des teintes.

Rouge, bleu, jaune d’ocre (et noir et blanc) : on retrouve comme dominantes les couleurs primaires, à la base de toutes les nuances existantes en peinture. D’elles va naître le fouillis impétueux et exalté de cette composition, comme la création qui, sous toutes ses formes et ses développements, découle des mêmes éléments chimiques simples.

Le tableau est ainsi une métaphore picturale du monde et de ses turpitudes, l’évolution toujours en marche, les fluctuations des événements comme de la matière même, qui se font et se défont, se mêlent et se diluent, bourgeonnent et se multiplient, en un cercle infini d’éternels bouleversements.

Bleu descendant, puis ascendant dans l’autre sens ; il en est de même pour beaucoup de couleurs dans la composition, et aucune ne se concentre en un seul point - toutes circulent et se répondent. L’équilibre est fragile, mais maintenu.

L’année 2019 où ce tableau est peint comporte son lot d’événements extrêmes, préfigurant la crise mondiale de 2020, apothéose sanitaire de ce que Cécile considère comme une époque de transformations et d’enjeux profonds (défis vitaux à un niveau universel, décalages et tâtonnements, sur les plans culturel, politique, sociaux et environnementaux - le tout étant lié). Époque teintée d’angoisse, de désespoir parfois, de l’impuissance distillée par le recul impossible sur une Histoire en marche, mais qui voit du même coup surgir des pensées et des initiatives alternatives, porteuses d’espoir.

Le stress d’une époque est insidieux, vécu plus ou moins consciemment ; mais il existe toujours la possibilité de figurer le sentiment confus de la tumultueuse marche du monde avec ses débordements grâce à l’art, comme le fait ici l'artiste dans cette toile au titre volontairement évasif - car, qui sait tout, vraiment, de ce qui se passe dans le monde...?



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