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Mathilda

- Par Julien Leroux

L’image d’une femme, de dos, énigmatique : ce tableau poursuit la longue tradition de la représentation féminine dans l’art, tout en déconstruisant les codes du nu traditionnel.

Cette main massive serrée sur son bras est la marque d’un frisson, d’une pudeur ; en effet, bien qu’elle apparaisse de trois-quarts dos, presque de profil, rien n’est montré de sa nudité. L’emphase est donc portée sur cette main, et sur le visage, les parties du corps les plus expressives et personnelles. Les traits sont fins mais fiers, la carrure presque masculine, la main n’est pas petite et délicate : c’est une femme ambigüe et sans artifice, moins classique qu’actuelle.

Le titre de l’œuvre est un prénom de femme : Mathilda. Voilà ce personnage nommé, et par là même, l’artiste contre la réification par la personnification ; l’objectivation par la subjectivation.

La beauté précieuse, farouche du personnage est rehaussée par la peinture dorée utilisée dans cette toile. L’or pare la femme de sa brillance et l’habille d’une symbolique conjointe aux projections liées à l’idée de la femme nue : préciosité, rareté, désir, beauté.

Mais ce personnage imaginaire baigne dans une nuée de couleurs, un paysage abstrait l’enveloppant comme un voile de songe. Image iconique de la femme, Mathilda est une apparition, une évocation de la féminité dans son carcan de fantasme et de mystère.



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